Roman Erben

Ses oeuvres n’ont jamais abandonné cette pulsion dont Petr Kral disait qu’elle sert « de décharge aux visions accumulées et déversées sur la toile avec autant de fureur que l’oeil en a d’abord mis à les engloutir ». Et il est vrai qu’elles sont toute une brocante de rêves impossibles car monstrueux. On dirait que dans ses dessins les créatures de Tanguy se sont précipitées les unes contre les autres en se désintégrant et en s’interpénétrant.

Ce sont des moments du passage de morceaux d’objets irreconnaissables, en errance, comme autant d’aliments désagrégés qui se déversent au niveau de l’épigastre lors d’une digestion gargantuesque. Entre le terrestre et le cosmique, entre le cataclysmique et le réjouissant, entre l’industriel et l’intestinal, Erben nous invite à jouer avec les fragments du monde pour mieux nous en venger… […]

Extrait de l’article de Michel Remy paru dans le n° 157 d’Infosurr.


Roman Erben, Obrazy, kresby, asambláže, 1980-2020 [Peintures, Dessins, Assemblage], 30 juin – 18 juillet 2021, Praha [Prague]
(République tchèque), Galerie Nová síň.