Jacques Lacomblez

Quel est le sens de l’art du poète ? En quoi consiste-t-il et que se doit-il d’incarner et d’affirmer ? À ces questions, la réponse apportée par Jacques Lacomblez semble être sans équivoque : dans une veine presque schillerienne que ne renierait pas complètement Lacomblez, naïvement, il est celui d’une subjectivité – d’un « Je » – qui reconnaît et assume pleinement que son art consiste avant tout « à oser regarder le temps passer » et le monde dans lequel il vit, tout en osant « s’incliner devant la grâce » qui subsiste, quand elle subsiste encore (Le peu quotidien).

C’est sans doute là l’un des principes élémentaires de l’éthique poétique qui affleure et se déploie explicitement dans son dernier livre d’artiste – comme en d’autres –, intitulé Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin (Avec 24 dessins inédits de Jean-Claude Silbermann). Mais si l’observation qui est celle du poète et que celui-ci met en oeuvre dans son art fait la part belle à l’acuité naïve du regard et au temps qu’il faut aussi prendre « pour voir », il peut sembler légitime de se demander, d’une part, vers quels objets et vers quelles fins cette observation et sa mise en oeuvre sont dirigées, et, d’autre part, comment ces dernières sont poétiquement conduites. […]

Début de l’article de Philippe Georges paru dans le n° 172 d’Infosurr.

Jacques Lacomblez, Sautes d’instant, brins d’humeur et un petit bout de jardin, Bruxelles (Belgique), éd. Quadri, mars 2024