Les pages de ce livre de François-René Simon se veulent celles d’un bilan, mais peut-être s’agit-il en fait pour lui – c’est ainsi que je les lis – de témoigner des conséquences à longue portée d’un pari. D’un pari réussi qui a consisté pour un très jeune homme déjà sûr au fond de lui-même que poésie et révolte ne peuvent que s’exalter l’une l’autre, à écrire à André Breton.
Et à espérer, tout de même, une réponse. Qui certes se fera quelque peu attendre, de décembre 1964 à mars 1965 : mais ensuite, tout se précipita. Le jeune homme qui n’a alors qu’une connaissance rudimentaire du surréalisme, rencontre Breton dans son atelier, 42 rue Fontaine. Il faut croire que celui-ci avait tout de suite deviné que son jeune visiteur était profondément pénétré de l’idée surréaliste puisqu’il l’invite, séance tenante, à venir au café où se réunit le groupe surréaliste. Mais Breton, contrairement à toutes les stupidités qu’on a pu écrire à son propos, n’était-il pas, à la suite d’Apollinaire, doué de cette « bonté, contrée énorme où tout se tait », qui fonde l’éthique de tout véritable poète ? […]
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Extrait de l’article de Guy Girard paru dans le n° 176 d’Infosurr.
François-René Simon, Cette ortie folle…, Paris, éd. des Cendres, octobre 2024.