Georges Sebbag est un des derniers survivants du groupe surréaliste qu’André Breton avait maintenu jusque dans la dernière phase de sa vie. Après le décès imprévisible et ô combien dommageable d’Annie Le Brun cet été, ils ne sont plus si nombreux : Margarita Camacho, Charles-Bernard Jameux, Bernard Roger, Jean-Claude et Marijo Silbermann, Georges Sebbag et moi-même.
Dans la prévisible déferlante de manifestations marquant le centenaire du premier Manifeste du surréalisme, le livre de Sebbag occupe tout de même une place à part. Son auteur a une formation de philosophe. Il ne se complaît pas dans le superflu, quand bien même son livre, inclassable, ne répugne pas à l’anecdote, au récit de relations humaines aussi complexes que les individus qui les entretiennent. […]
L’expression est galvaudée, mais on pourrait dire que Surréalisme le rayon invisible se lit comme un roman (genre qui n’était que peu apprécié de Breton, malgré les exceptions notables du marquis de Sade, des romans noirs anglais comme Le Moine de M. G. Lewis, Raymond Roussel et même, reconnaissance tardive, La Princesse
de Clèves !). C’est toute l’histoire du mouvement surréaliste que dévide Sebbag, jusqu’à mentionner ses manifestations les plus contemporaines, les revues L’Or aux 13 îles de Jean-Christophe Belotti et Alcheringa de Guy Girard et de Joël Gayraud, par exemple et pour ne parler que de la France. […]
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Extrait de l’article de François-René Simon paru dans le n° 172 d’Infosurr.
Georges Sebbag, Surréalisme – Le Rayon invisible, « Centenaire & millénaire », Albias, éd. Jean-Michel Place, mai 2024.