Centenaire oblige, le Musée cantonal des Beaux-arts de Lausanne a proposé une exposition intitulée Surréalisme – Le Grand Jeu. Au-delà de son ambiguïté, ce titre suggérait une visée ambitieuse comme ce musée en a parfois produit. Si intéressé que l’on puisse être par le groupe du Grand Jeu, on ne pouvait qu’être dubitatif devant la mise en équivalence sous-entendue.
L’ampleur et la richesse du surréalisme peuvent-elles se mesurer au bref moment du groupe de Reims ? Sans doute ce dernier n’a-t-il encore guère fait l’objet d’études et d’expositions en comparaison de l’océan critique qui menace d’engloutir le premier.
[…] Si l’abstraction a été le style du 20e siècle, le surréalisme en a incarné le projet le plus large et le plus riche, celui qui a changé la donne en se tenant à l’écart des reconnaissances de la chose artistique. Pour lui, l’art n’aura jamais été qu’un moyen au service d’une fin radicale : émancipation collective et connaissance de l’esprit. Ce n’est pas ainsi que la doxa d’aujourd’hui le comprend.
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Extrait de l’article de Christian Bernard paru dans le n° 171 d’Infosurr.
Surréalisme : Collectif, Surréalisme – Le Grand Jeu, Lausanne (Suisse), Musée cantonal des beaux-arts, 12 avril – 25 août 2024.