Début des années 70, je découvre une bande dessinée italienne signée Bonvi et cruellement titrée Les Nazis sont des cons, ce qui, aujourd’hui, se justifie plus que jamais en visitant l’exposition d’art dit dégénéré au musée Picasso.
Dès l’accession d’Hitler au pouvoir en 1933, les musées et les bibliothèques allemandes sont purgées de 21000 oeuvres jugées dégénérées parce que produites par des artistes modernistes menaçant « la pureté » germanique ; n’hésitant pas à remonter jusqu’à Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, James Ensor, Wassili Kandinsky, Franz Marc et le Pablo Picasso de la période bleue. […]
Pervers, Goebbels, qui proclamait, dit-on, « quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver », cesse les autodafés certes spectaculaires mais non rentables et c’est à son instigation qu’il choisit la Suisse, pays neutre où aura lieu la vente publique de Lucerne en juin 1939. Le but des Allemands était double, d’une part conforter leur politique de nettoyage des musées et d’autre part engranger des devises étrangères pour financer leur armement ; on y proposa devant 350 amateurs venus du monde entier 109 peintures et 16 sculptures dont la ville de Liège acquerra 9 pièces majeures parmi lesquelles La Famille Soler de Picasso, Le Sorcier de Paul Gauguin et La Maison bleue de Marc Chagall. […]
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Extrait de l’article de Ben Durant paru dans le n° 177 d’Infosurr.
Art dégénéré : Collectif, L’Art dégénéré, « Le Procès de l’art moderne sous le nazisme », 18 février – 25 mai 2025, Paris, Musée Picasso.