[…] Granell et Lacomblez ne se sont jamais rencontrés personnellement, mais l’un connaissait l’oeuvre de l’autre. Depuis 1960 leurs oeuvres se rencontrent dans des revues ou des expositions collectives, comme Surrealist Invasion in the Enchanters’ Domain organisée par Breton, Marcel Duchamp, Jaguer et José Pierre à New York ou dans l’exposition Phases à Paris en 1963. Au début des années 60, Lacomblez voit pour la première fois « en vrai » un tableau de Granell chez leur ami commun Claude Tarnaud, tableau de la série dite « paisajes magicos » et qui le frappe par sa force.
L’oeuvre du peintre néerlandais J.H. Moesman (1909-1988), a été salué par André Breton en 1961, après avoir reçu une série de photos des tableaux du peintre : « Je déplore d’avoir ignoré jusqu’à ces derniers jours l’oeuvre de J.H. Moesman, que je trouve des plus fascinantes ». Le groupe surréaliste parisien lui a dédié un hommage collectif daté du 31 mars 1963 et composé de beaux textes de Breton, Fernando Arrabal, Georges Goldfayn, Ragnard von Holten, Radovan Ivsic, Alain Joubert, Joyce Mansour et José Pierre.
[…] Le Secret de ma jeunesse est le dernier des recueils remis en septembre 2008 et janvier 2009 par Pierre à Stéphane Mirambeau, le créateur des éditions Pierre Mainard, à charge pour ce dernier de les publier, sans toutefois lui imposer un ordre de parution. C’est donc par choix de l’éditeur que ce Secret clôt la ronde posthume des parutions, interrogeant peut-être sans le dire le lecteur, « l’auteur amplifié » (Novalis), sur la lettre cachée de la jeunesse de Pierre, exposée là au grand jour, la poésie, et déjà dérobée comme femme dont les dessous dessinent l’immédiate présence dans la lumière et l’obscurité des images et des mots du poète, l’éperdu, l’insaisissable présent.
1955 : Yves Elléouët se présente à Paul Savatier : « Je suis poète ». De son vivant, Yves Elléouët n’a publié qu’un recueil de poèmes en 1967, La Proue de la table (Le Soleil noir), illustré par Calder, son illustre voisin à Saché. Deux autres recueils suivront, en 1980 Au pays du sel profond (éditions Bretagnes) et en 1982 Tête cruelle
(Calligrammes). Ces ouvrages sont devenus très vite introuvables.
C’est José Pierre qui, en 1992, nous a recommandé de faire participer la dessinatrice argentine Catalina Chervin, née en 1953 à Corrientes dans le nord-est de l’Argentine et vivant à Buenos Aires, à notre exposition panoramique L’Amérique latine et le Surréalisme (Musée de Bochum, Allemagne, 1993). Depuis, nous suivons de loin, mais avec intérêt l’évolution de cette artiste prestigieuse qui a fait de nombreux séjours à New-York et qui a exposé un peu partout dans le monde, dont plusieurs fois en Allemagne où la critique d’art l’a placée dans la tradition surréaliste.
Alors que Gallimard a entrepris l’édition régulière des correspondances croisées d’André Breton, Claire Paulhan publie dans une édition soignée et richement illustrée, à tirage restreint, celle avec Simone Debout. Pour les connaisseurs, Simone Debout reste celle qui redonna à l’oeuvre de Charles Fourier, dans les années 50, tout son prestige
À juste titre, Miguel Corrales a écrit dans son Caleidoscopio surrealista sur la poésie amoureuse du poète brésilien Sergio Lima, qu’elle est « la seule vraiment originale des trente dernières années ». Je peux y ajouter que cette poésie est sublime aussi, dans le sens que Benjamin Péret a donné à « l’amour sublime ».
À l’orée des années 1990, Alexandre Pierrepont joua, très jeune, un rôle déterminant dans le renouvellement des activités du groupe surréaliste de Paris. Si, depuis nombre d’années déjà il n’entretient plus, hélas, que des relations distantes quoiqu’amicales, avec ce groupe, il n’en a pas pour autant, fort heureusement, abandonné
toute référence ni toute implication avec l’idée et le projet surréalistes.
Chronique d’un échouage est le seul « écrit narratif » de Nora Mitrani. Un climat étrange s’installe dans cette « chronique » dans laquelle un bateau s’échoue sur le Rhône : en attendant le remorquage, la narratrice observe et raconte les 5 personnages coincés en huis clos. Ce n’est pas vraiment un roman mais plutôt, comme l’observait justement Julien Gracq, un « texte savamment disloqué, sujet de nouvelle traîtreusement, malignement désarticulé ».
Le poète Allan Graubard a su réaliser la publication d’un large choix des photographies fantastiques faites par Ira Cohen entre 1968 et 1971 dans sa Chambre Mylar située dans la mansarde de son appartement new-yorkais. Ira Cohen (1935-2011) était un artiste et poète important aux alentours du surréalisme et du mouvement « beat » américain, mais il est généralement considéré la vedette de l’underground artistique international des années 1960-1980.