À la recherche des traces laissées par Nicole
Paris, 1931 – Paris, 2020 / France
Elle était la fille de Philippe Hauchecorne, épouse de José Pierre (de son vrai nom Pierre José Darrambide), elle signait aussi tout simplement Nicole des collages qui ont marqué certains esprits à un moment donné. Depuis la diffusion de ces collages se fit de manière très parcimonieuse et même son décès est passé inaperçu.
Miguel Perez Corrales l’avait signalé début 2021 et à partir de sa note, nous avons recueilli des informations et nous avons pu reconstituer une bibliographie qui doit être , nous l’espérons, non exhaustive. Le témoignage d’André Mimiague donne un éclairage inédite et précieux.
Traduction de la note de Miguel Perez Corrales sur le blog Surrealismo Internacional (29 janvier 2021).
Dans le n° 37 de Pleine Marge (2003), les derniers [collages] ont été présentés avec finesse par Giovanna ; dans une interview où Nicole répond à la question piège habituelle en ridiculisant l’intervieweuse de service : « Parmi mes amis surréalistes, je peux en témoigner, je n’ai jamais trouvé de frontières entre les sexes ». On trouve un bon texte sur elle, écrit par son compagnon José Pierre, dans le n° 123-124 d’Opus International (« Nicole ou le collage comme quête du point sublime »), et un autre, de Jean-Michel Goutier, dans le n° 3 des Cahiers Benjamin Péret. En 1961, André Breton lui a dédié un beau « Papillon-compliment », reproduit dans Je vois, j’imagine.
A consulter :
- exposition à la galerie Le Triskèle, Paris, 1980, présentation par Philippe Audoin et Ragnar van Holten.
- notice de René Passeron dans le Dictionnaire général du surréalisme et de ses alentours (1982), dirigé par Adam Biro & René Passeron :
Epouse de José Pierre depuis 1952 et professeur d’histoire de l’art à Paris, N., sous l’influence des surr., produit des collages où le sourire de Magritte (L’Instruction publique, 1978) se fige parfois dans les évocations plus cruelles de L’Amour partagé (1973).
- notice dans L’Univers surréaliste de José Pierre, Paris, éd. Somogy, 1983 (avec 1 reproduction d’un collage Le septième ciel, 1978) :
En 1953, elle rencontre Breton et ses amis et, dès lors, participe discrètement aux activités collectives du groupe surréaliste. Le « collage » d’éléments découpés dans les magazines illustrés tend à devenir son mode d’expression privilégié. Au lieu d’en tirer, comme Max Ernst ou Styrsky, des effets fantastiques, elle vise au contraire à créer un climat d’évidence, à reconstituer une plausibilité du merveilleux qui, en ouvre, s’ordonne selon les lois harmonieuses d’une vision bénéfique.
- exposition à la galerie Des Licearium, Poitiers, 1986, présentation par Jacqueline Chenieux-Gendron.
- exposition à la gaelrie S& S, Küsnacht, Suisse
- exposition (avec Jean-Louis Bédouin) à la galerie Pleine Marge, Paris, 1988, présentation par Jean-Schuster.
- José Pierre, « Nicole ou le collage comme quête du point sublime », Opus International Paris, n° 123-124, avril – mai 1991.
- participation à l’exposition Le Mouvement Phases de 1952 à l’horizon 2001, Arras, 2000 (une reproduction en couleurs dans le catalogue, mais contrairement aux autres artistes exposés, aucun indication du début de collaboration avec Phases).
- Pleine Marge, Paris, n° 37, mai 2003 : dossier « Nicole. Collages » présenté par Anna Voggi [Giovanna] suivi d’un entretien avec Adélaïde Russo.
- participation à l’exposition Phases à l’ouest, Saint-Brieuc, 2008 (une reproduction dans le catalogue et il est mentionné une participation à Phases dès 1991)
- O surrealismo abrangente de Cruzeiro Seixas.
- n° 65 de La Tortue-Lièvre, on trouve un autre collage de la série « Pleine Marge ».
- Jean-Michel Goutier « Scènes de théâtre baroque : les collages de Nicole Pierre » (2008) (avec 3 collages et une photo de Nicole Pierre [sic] et Péret à Saint-Cirq Lapopie), Cahier Benjamin Péret, Lyon, n° 3, septembre 2014.
Témoignage d’André Mimiague, avril 2025 :
Nicole ? Nicole Darrambide ? Nicole Hauchecorne ? Il me semblait avoir un opuscule sur ses collages ? Un catalogue de son expo au Triskèle en 1980 ? Non … je n’ai pas retrouvé ça … seulement un livret avec un de ses collages en couverture : il s’agit d’une conférence de José Pierre en 1973 : Le Surréalisme aujourd’hui, une édition de La Quinzaine littéraire de Nadeau (de 48 pages !). Titre du collage : Les Créatures du Miroir ( coll. Philippe Audouin ). En ce temps là je ne fréquentais plus José Pierre mais Vincent Bounoure … Dans cette conférence José Pierre nous dit bien peu de choses sur les collages de son épouse. C’est curieux je n’ai aucun souvenir d’elle … elle devait pourtant fréquenter la Promenade de Vénus…
Darrambide ? Je revois André Breton avouant qu’il ne parvenait pas à retenir ce nom basque ! Nom pour moi familier sous la forme Darambide , avec un seul « r » ; ce qui signifie « chemin de la vallée » ; mais avec deux « r » selon un plus savant que moi cela désignerait un « chemin caillouteux » ! Le chemin caillouteux de José Pierre …
