Alain-Pierre Pillet

Notre ami genevois Alain-Pierre Pillet, voyageur de partout et de nulle part, nous a quitté brutalement le 16 décembre 2009, à l’âge de 62 ans.

Il a écrit en prose, publia de la poésie, participa à des films, se manifesta dans plus de trente revues, collabora à des catalogues d’artistes…
Il fonda en 1980 et dirigea les éditions Iles Célèbes à Genève. Des livres avec Yves Nadal, Robert Lagarde, Sergio Dangelo, Hervé Télémaque, Jean Terrossian, Jacques Monory, etc.
Il lança et publia l’enquête /André Breton à Venise/, pour laquelle il recueillit quarante participations, et cela alors que Breton n’est jamais allé à Venise.

Parmi ses publications :
Bombardier géant du rêve noir (Iles Célèbes, 1980)
Comètes (Deleatur, 1982)
André Breton à Venise (Iles Célèbes, 1984)
Bulle et poil (Le Temps qu’il fait, n° spécial de Pleine marge, 1985)
Participation au recueil Du surréalisme et du plaisir (José Corti, 1987)
La Beauté sur la terre (Iles Célèbes, 1994)
Heures exquises, tomes 1 et 2 (La Maison de verre, 1996)
Rase campagne (Rafael de Surtis, 1998)
Paysage poétique d’André Pieyre de Mandiargues (Rafael de Surtis, 1999)
Ce sont des îles ! (Rafael de Surtis, 2000)
Watt Mer, tomes 1 & 2 & 3 (Syllepse, 2000 & 2001 & 2003)
Avec Emanuel Sanz, Paroles de murs (Éditions du Tricorne, 2000).
Avec Alexandra Pouzet, Les Veines du Temps (2008).

Créateur de l’inénarrable Watt Mer décrit par des « histoires » dans 3 volumes de la collection « Libre espace » aux éditions Syllepse. Ces livres représentent l’ordre « dispersé » des pensées, gestes et aventures de ce personnage, telle une radiographie d’un esprit en train de penser. APP décrit cet esprit avec distance, méchanceté, affection, humour et non sens. Et, au fil de ses descriptions de Watt Mer, APP pose quelques interrogations sur notre époque : interrogations sur l’Origine et le Devenir, sur l’insupportable bourgeoisie que l’on doit supporter, sur la médecine, l’ethnocentrisme et l’égocentrisme, le rapport mécanisé au corps…

Fidèle et exigeant par de nombreuses cartes postales incisives, il a toujours soutenu nos aventures autour de la revue Infosurr et des projets éditoriaux de Syllepse.
Banalyste infatigable, arpenteur sans trêves d’endroits incongrus, il était également un grand connaisseur du surréalisme, dont il a sillonné les avenues, pris par cette fureur de la locomotion qui ne l’a jamais quitté.
Amateur de Bob Dylan, il est parti avant lui.

Séverine Denieul et Richard Walter