L’Araignée pendue à un cil

En publiant une anthologie consacrée aux femmes du surréalisme, Marie-Paule Berranger répond à une légende tenace de machisme inhérent au « club mâlic » qui se regroupa autour de Breton en 1924. Les oeuvres de 33 femmes surréalistes – dessins, poèmes, lettres, contes – montrent la prodigieuse plasticité d’un surréalisme au féminin, avide en humour noir, érotisme tendant au sadisme, ésotérisme, magie circonstancielle, débordement du surréel dans la vie présente […]

C’est un surréalisme injustement méconnu que ce volume exhume par un abondant travail de dépouillage et de sélection. Il montre que s’il y eut moins de femmes que d’hommes  dans le surréalisme, elles y ont une place décisive. Elles sont intervenues à part égale avec les hommes, même si ce fut sous des modalités différentes et par la suite négligées, pour des raisons de champ littéraire, de machisme et parfois de choix de positionnement stylistique ou humain. […]

Après une préface discutant les thèses anglo-saxonnes sur la légende noire du surréalisme, les notices éclairent notablement les liens entre l’oeuvre et la vie de chacune d’entre elles ; une imposante bibliographie sélective guidera le lecteur dans la forêt dont ce volume n’est qu’une lisière.

Extraits de l’article d’Antoine Poisson paru dans le n° 180 d’Infosurr.

Femmes surréalistes : Collectif, L’Araignée pendue à un cil, « 33 femmes surréalistes », Paris, Gallimard (« Poésie NRF », n° 588),
octobre 2024.

Illustration : couverture du livre avec oeuvre de Mimi Parent (Léda, 1997).