Quand j’ai commencé à accumuler de la documentation sur le surréalisme à l’aube des années 90, je suis tombé sur le numéro d’Opus international sur « André Breton et le Surréalisme international », je suis tombé sur une notice de Robert Benayoun sur un certain Jean-Claude Barbé. En dépouillant revue et tracts du surréalisme des années 60, je constate qu’il fait partie de ces noms mystérieux dont on ne sait pas grand-chose.
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Notices sur les surréalistes, proches, critiques, recensés dans Infosurr
Eugenio Castro
Javier Galvez nous a annoncé le décès d’Eugenio Castro le 2 mars 2024. Un des principaux animateurs du surréalisme en Espagne est parti.
Lire le texte (en espagnol) de Michael Lowy « In memoriam: Eugenio Castro (1959-2024)» dans la revue en ligne VientoSur.
Giovanna
Giovanna, après une vie intense, sans concessions et fidèle à ses idées, nous a quitté mardi 20 février 2024, à l’âge de 92 ans. Avec elle, disparait une des dernières témoins du groupe surréaliste des années 60 – alors que l’année 2024 est annoncée comme l’année du centenaire du surréalisme.
Une de nos plus anciennes et fidèles abonnées.
Voir la page Départ de Giovanna sur le site des éditions du Grand Tamanoir.
Claude Gauvreau, Le Vampire et la Nymphomane
Esprit rebelle, anticlérical et libertaire, Claude Gauvreau n’a pas vingt ans lorsqu’il commence à écrire des « objets dramatiques », textes vocaux, « pour l’ouïe », « nullement destinés à la vue » qu’il regroupera sous le nom d’Entrailles. D’emblée il adopte un lyrisme surréaliste nourri d’images poétiques présentant comme le voulait Pierre Reverdy « le degré d’arbitraire le plus élevé », à quoi s’ajoutent des mots-valises à la manière de Lewis Carroll, et jusqu’à une poésie de mots inventés faisant écho à certains poèmes Dada ou à Finnegans Wake de Joyce :
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Jan Švankmajer, Histoires non naturelles
Parlons un peu plus en détails de Jan Švankmajer, né en 1934 à Prague et membre du groupe surréaliste pragois. Il expose des Unnatürliche Geschichten [Histoires non naturelles] début 2023 à Schwandorf, petite ville franconienne pas loin de Nuremberg.
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Charles Radcliffe
Le dimanche de Pâques 1966, Franklin et Penelope Rosemont rencontrent Charles Radcliffe. Beau et aux cheveux clairs, il se tenait dans l’embrasure de sa porte sur Redcliffe road à Londres ; une belle femme aux cheveux sombres et bouclés regardait par-dessus son épaule, Diana Shelly.
Oscar Mellor
Desmond Morris est toujours actif. Avec la publication d’un livre sur Oscar Mellor, il nous permet la découverte d’un surréaliste anglais totalement méconnu – du moins dans les archives d’Infosurr. Il rend hommage à Oscar Mellor, un « surréalisme privé » comme est sous-titrée la monographie qu’il édite aux Dark Windows press.
Jacques Calonne
(10 août 1930, Mons, Belgique – 7 février 2022, Bruxelles, Belgique)
Musicien, dessinateur, écrivain et comédien, il a 19 ans lorsque le compositeur André Souris lui fait prendre conscience de la nécessité du système dodécaphonique juste avant de rencontrer Christian Dotremont et Pierre Alechinsky, s’intégrant aussitôt dans le groupe CoBrA fraîchement créé en novembre 1948.
Courte biographie de Paul Păun – Paul Paon
Pour celles et ceux qui s’intéressent au surréalisme de Roumanie, voici une courte biographie de Paul Păun et les différentes variations de son nom, ce qui permettra de mieux le classer dans les index et autres listes alphabétiques.
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Gérard Durozoi
Lorsque je boucle un numéro d’Infosurr, j’envoie toujours la maquette d’Infosurr à quelques amis rédacteurs pour qu’ils y traquent coquilles et autres obscurités que je m’obstine à ne pas voir. Gérard Durozoi fut toujours le premier à réagir, m’indiquant quand je pourrais avoir sa liste de corrections – et je n’ai jamais été déçu de sa ponctualité. Fin décembre 2022, j’envoie la maquette du n° 159 et je pars en vacances ; je ne reçois aucun mail de sa part, je traine un mauvais pressentiment qui s’est confirmé : Gérard Durozoi nous a quitté dimanche 8 janvier 2023 à l’âge de 80 ans.
Jusqu’au bout il a tenu la barre, écrivant, corrigeant, partageant des informations que lui seul savait. Il a eu le temps et l’énergie de m’envoyer sa préface à notre édition de la poésie de Jean-Michel Goutier que nous publierons au printemps 2023 à l’enseigne du Grand Tamanoir. Comme d’habitude, il n’y avait presque rien à redire à sa préface, brillante analyse des jeux de la langue et de la poésie. Cela volait haut avec Durozoi mais, comble de l’élégance, il faisait en sorte que cela soit toujours compréhensible.
Infosurr perd un de ses plus exigeants lecteurs et rédacteurs, je perds un compagnon d’aventure de 25 ans. J’attendais toujours avec plaisir ses courriers et ses mails, même quand il me recadrait sur des erreurs factuelles ou d’analyse – cela était toujours dicté par une haute exigeante de la critique et de l’amitié. Nous étions tous les deux passionnés par le surréalisme, tout en restant chacun lucide sur certains travers propres à tout mouvement artistique, qui plus est d’avant-garde. Nous avions à peu près les mêmes analyses et les mêmes préventions sur l’itinéraire de certains ou sur la qualité de certaines œuvres. Mais nous étions d’accord, sans trop de discours, pour toujours œuvrer positivement à faire connaitre ce qui le méritait.
Gérard était d’une grande discrétion sur sa vie. Il y a juste au détour d’une lettre que j’ai appris – de manière très discrète – ses performances artistiques, à l’aube des années 70, en pleine nature dans le sud de la France. Nous évitions de parler cinéma car sinon « Infosurrétait foutu » comme il disait. Il fallait être sérieux tout ne n’oubliant quand même pas de pratiquer l’humour : Gérard ne perdait jamais l’occasion d’un trait d’esprit sans tomber dans le caniveau. C’est à lui qu’on doit la rubrique « Du Goudron et des Plumes » dans Infosurr et il s’en donnait à cœur joie.
Professeur agrégé de philosophie, Gérard restera comme un des grands connaisseurs et valorisateurs du surréalisme et de ses idées. Il y a bien sûr sa monumentale Histoire du mouvement surréaliste, plusieurs fois remise sur l’établi (Paris, Hazan, 1997 & 2004) et de nombreuses préfaces, textes ou articles sur le surréalisme ou ses participants. Étudiant je me souviens d’avoir beaucoup annoté son Surréalisme – théories, thèmes, techniques (avec Bernard Lecherbonnier, 1972). Je crois que la plus ancienne référence que j’ai trouvée était sa participation en 1970 aux Cahiers du soleil noir, n° 3, sur L’Internationale Hallucinex, « revue-tract à détruire », avec déjà une préface de Goutier.
Mais ses antennes allaient bien au-delà du surréalisme – heureusement. Il publiait beaucoup avec toujours la même exigence de style et de regard ; sa machine à penser était aussi puissante que sa machine à écrire était rapide. Il est même l’auteur d’un essai sur Samuel Beckett et de nombreux manuels scolaires et dictionnaires de philosophie. Dans sa bibliographie, on peut y trouver des essais sur Matisse, Botero, un ouvrage de référence sur Le Nouveau réalisme(2007), un Journal de l’art des années 60 (2008) et dernièrement un bel ouvrage consacré aux Histoire(s) insolite(s) du patrimoine littéraire(2019). Et puis le pamphlétaire ne pouvait pas s’empêcher de remettre les points sur les i et le vide au centre de certaines modes (son hilarant et juste Ras le bol Warhol et cie !, « Contre la pauvreté des images », 2019).
Cette clarté du style, cette acuité du regard, cette hauteur de vue, cet humour intelligent, vont considérablement nous manquer. Raison de plus que de continuer Infosurr. Toutes nos condoléances et notre soutien à Sophie, compagne de toute une vie de cet élégant gentilhomme. (Richard Walter)