Les éditions Prairial proposent, dans une édition impeccable
– comme toujours – , une réédition complétée du recueil Violette Nozières (1933). Il avait fait déjà l’objet d’une réédition en 1991 aux éditions du Terrain vague fondées par Éric Losfeld. […]
La postface est une bonne contextualisation de cette initiative à contre courant, face au poids énorme de l’ordre moral et de la montée des fascismes ; cela montre bien que les surréalistes n’étaient pas ces affreux machistes qu’une certaine critique aujourd’hui se plait à présenter avec des lunettes très déformées : ils étaient en avance sur leur temps mais pas assez pour correspondre à ce qu’on en attend aujourd’hui. […]
Il faut aussi noter un texte de René Crevel destiné au recueil mais resté inédit jusqu’en 2003. Avec Cesar Moro, ils étaient les homosexuels du groupe et leur défense d’une femme sur qui tombait l’ire des bonnes moeurs pouvait rentrer en résonance avec leur propre situation. Un ouvrage toujours aussi indispensable pour comprendre ce que fut l’engagement créatif du groupe surréaliste. […]
—
Extraits de l’article de Richard Walter paru dans le n° 181 d’Infosurr.
Violette Nozières : Collectif, Violette Nozières, Paris, éd. Prairial, octobre 2015.
